La petite histoire du tango…

Eléments culturels de l’Amérique latine (épisode 1)

Dans la grande variété des éléments culturels qui appartiennent au continent américain, il est possible que le tango soit l’un des moins typiques ou des plus particuliers, notamment dans le contexte de l’Amérique latine. Ceci vient du fait que le tango émerge de trois cultures différentes : la criolla (expression qui se réfère à la culture indigène d’Uruguay et/ou d’Argentine), l’influence africaine (par les esclaves bien sûr) et l’européenne (due aux vagues d’immigration massive à la fin du XIXème siècle). Et c’est la trace du Vieux Monde qui fait ressortir le tango comme un cas à part, étant donné le fait que dans peu d’autres endroits d’Amérique latine, les migrations d’origine européenne ont été si importantes que dans la région du Rio de la Plata. De ce fait, associé à l’accueil chaleureux dont a joui le tango en France, et considérant que la revue « Profondeur de champs » a un public principalement français, j’ai pensé approprié d’aborder cette thématique dans mon article inaugural.

Le tango a fait sa première apparition en 1876, sous la forme d’un tango-candombe (danse d’origine africaine très répandue en Uruguay) appelé El merenguengué. Au début, ce n’était dansé que par les immigrants africains de sexe masculin. Plus tard, au début du XXème siècle, les blancs aussi ont commencé à pratiquer cette danse, alors que la femme n’a été incorporée que plusieurs années après.
Il faut noter que jusqu’au début du XXème siècle, les classes moyenne et haute détestaient, voire même étaient horrifiées par le tango, qui s’était initié dans les bas-fonds de la société argentine. Mais cette danse, avec son mystique pouvoir d’attraction, a convaincu petit à petit jusqu’aux plus fortunés, qui préféraient la valse jusque-là. Un facteur fondamental de l’expansion du tango a été l’apparition d’un nouvel instrument : le bandonéon (une espèce d’accordéon utilisé par les immigrants allemands et polonais).
A la fin des années 20, le tango était déjà bien installé à Buenos Aires, Rosario, Montevideo, mais son expansion au monde occidental a été rendue possible principalement par un argentin né à Toulouse : Carlos Gardel. A partir des années 30, en France, en Italie, en Finlande, l’influence du tango se fait de plus en plus notable ; par conséquent, surgissent le tango finlandais et le tango Liscio (italien). Pendant les décennies 40 et 50, les grands orchestres apparaissent, comme celui d’Osvaldo Pugliese. Et, à partir de 1960, un changement se produit dans le genre : la mélodie ne suit désormais plus les patrons de toujours mais devient plus innovante, à tel point qu’aujourd’hui, des groupes fusionnent le tango et la musique électronique.
Un trait caractéristique du tango est l’usage d’un argot du Rio de la Plata, appelé lunfardo. Ce code communicationnel est composé de mots extraits, dans leur majorité, de l’italien et des langues d’Afrique. Au fil du temps,  l’utilisation de mots de ce dialecte s’est étendue à d’autres parties de l’Argentine et de l’Uruguay, même si elle reste caractéristique des habitants de Buenos Aires (les porteños).
Un autre aspect important du tango concerne les thèmes qu’il aborde. C’est un genre d’origine urbaine, donc beaucoup de chansons parlent des villes (Buenos Aires y Montevideo) et des banlieues de celles-ci (les « arrabales »). Les paroles de chansons de tango parlent presque toujours des relations d’amour, de haine, de rivalité entre les habitants de ces faubourgs.
Les grands noms du tango sont, pêle-mêle : Pascual Contursi, Juan D’ Arienzo, Carlos Gardel, Alfredo Le Pera, Osvaldo Pugliese, Aníbal Troilo, Edmundo Rivero, Julio Sosa, Enrique Santos Discépolo, Ástor Piazzolla y Roberto Goyeneche.
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Je pense que, comme pour beaucoup d’autres genres musicaux, on ne connaît vraiment le tango qu’en venant à l’endroit de ses origines. J’invite donc les lecteurs à  faire un tour à Buenos Aires et Montevideo : qui sait, peut-être que de retour chez vous, vous vous découvrirez une passion pour le « 2 par 4 » et sortirez danser en couple, comme Al Pacino dans le film «Femme fatale » !

Frank Angelotti,
Etudiant argentin à la Universidad de San Andrés, Buenos Aires
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Traduit de l’espagnol (Argentine) par Quentin Jagorel
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