Gérard Fourel, photographe du temps précis

Aperçu de l’oeuvre d’un photographe breton, Gérard Fourel, dont les travaux nous ont touchés.

« Gérard Fourel est né à Irodouer, petit village de Bretagne orientale.
Quand le siècle était à mi-pente. Cela veut dire qu’il y a, dans le filigrane du papier, une soixantaine d’années qui ont vu toutes les pages se tourner aux vents du progrès.
Gérard Fourel n’a pas arrêté de prendre des photos: les usines qui ferment, les paysans qui triment, les familles qui se marient, bref tournez manège… Les mômes tournent, les visages glissent, les danseurs s’enroulent dans un tohu-bohu de vaches qui rentrent, et de temps en temps dans ce carrousel du temps, une photo arrête tout: emblématique, immobile. Un réveil sur une table et comme sont fixes les deux aiguilles, la grande et la petite, la vieille femme qui fait la pose est éternelle. La preuve qu’elle l’est, c’est la photo.
Gérard Fourel aime le monde, jubile de ce qui le forme et le déforme et l’impression qu’on a qu’il a rendez-vous toujours avec la nostalgie est une impression fausse. Rendez-vous est pris avec le présent, il déclenche son Leica (ou son Contax) au moment pile ou le présent bascule dans l’éternel.
Fourel est le photographe de ce temps précis, pas vu pas pris, ce temps furtif, pour quoi ses photos sont de plus en plus malignement des bougés! »
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Gilles Cervera, le 22 juin 2005.
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Ce que Gérard Fourel nous a confié:

« Ce n’est pas facile de parler de soi. Ceci dit, mon envie de photographier ou de faire des images est une obsession depuis longtemps, je regardais dans ma famille et ailleurs les photos sur les buffets ou sur les cheminées et je me racontais des histoires. J’essayais de deviner la vie des gens qui m’interpellaient sur ces images et à mon tour je me devais de perpétuer ce dialogue du langage pictural. J’avais et j’ai encore envie au travers de l’image de donner la parole au gens de peu qui ont à dire ou qui ont eu une existence qui avait à mes yeux une importance, d’où « Négroes, la mémoire blanche« , « Fougères l’ouvrière » ou « Errance Castillane. Mon acte photographique est de l’ordre de la photo de famille. « Photos sur la cheminée » m’irait bien, je ne suis pas un artiste, je suis un cueilleur de mémoire, je fais des images pour les donner à ceux qui veulent se les approprier, pour que eux aussi racontent une histoire, la leur. Voilà, j’aime faire et j’espère faire encore longtemps des photos en noir et blanc. »
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Plus d’infos sur http://www.gerard-fourel.com
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