Misteur Valaire : « Fiers d’être québécois ! »

Comme leur accent n’en laisse pas douter une seconde, Misteur Valaire est un projet born and raised au Québec. Évoluant entre jazz, hip-hop et électro, le quintet originaire de Sherbrooke s’est progressivement affirmé comme un des groupes majeurs de la scène québécquoise actuelle. Rencontre avec des musiciens à l’univers musical atypique.

crédit: Jimmi Francoeur

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Comment le projet Misteur Valaire a-t-il commencé ?

Nous avons tous grandi ensemble dans la ville de Sherbrooke. Nous avons appris la musique à l’école primaire (entre 7 et 12 ans) et à l’école secondaire (12 à 17 ans) nous avons formé un quintet de jazz, qui en au fil de ces années est devenu un groupe électronique avec instrumentation jazz.

D’où vient ce nom ?
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Vers 15 ans nous côtoyions à l’école un ami mexicain nommé Carlos Ramirez. Pianiste classique avec une âme de la vieille Europe, il voulait qu’on l’appelle Carl Valaire. Comme il était très important pour nous qu’il reste mexicain, nous lui avons volé son nom pour devenir Misteur Valaire.
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Définir le son de Misteur Valaire semble presque impossible tant vous évoluez entre jazz, électro, parfois hip-hop. D’où vous vient cet éclectisme musical ? Comment vous définiriez-vous ?
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Il est très difficile pour nous aussi  de décrire le son de Misteur Valaire. Je dirais groupe électronique avec instrumentation jazz, en passant par la pop, le hip hop et le funk !
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Beaucoup d’éléments dans votre musique rappellent votre identité québecquoise et francophone (votre nom avec le « Misteur » francisé, les titres et paroles de certaines chansons, certains samples). Alors, fiers d’être québecois ?
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Nous sommes très fiers d’être québécois!  Le Québec possède une culture totalement différente du Canada anglais et c’est cette fierté des québécois qui lui permet de conserver cette culture malgré sa petite population entourée par le monde anglophone.
Même si nous faisons aussi plusieurs collaborations anglophones il est très important pour nous de partager et de vivre cette culture québécoise au quotidien. 
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Vos lives sont assez incroyables. Vous semblez agir sur scène avec humour tout en restant sérieux musicalement, chose que très peu de groupes arrivent à faire. Comment en êtes vous arrivés à cette conception du live ?
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On semble amener une légèreté et une envie de célébrer à ceux qui consomment notre musique. À ce point de notre carrière je crois qu’on peut dire que notre mandat est de transmettre cette légèreté et cette envie de « faire le party ». Il est donc essentiel pour nous de trouver des façons de s’amuser à travers les lives, de façon à ne pas faire semblant ou à ne pas devenir blasés par les tournées souvent intenses.
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Vos trois albums sont en téléchargement gratuit sur internet. Est-ce une façon de réagir au téléchargement ? Pensez-vous qu’Internet est l’avenir du disque ?

Internet a déjà commencé à remplacer le disque depuis un moment. Nous avons décidé de cogiter notre mise en marché de façon à trouver celle qui nous conviendrait le mieux. Depuis 2007 nous avons donc rendu nos albums accessibles sur notre site, MV.MU.  Nous voulions ainsi arrêter de lutter contre internet pour mettre la musique en marché et avons décider de nous en servir pour faire voyager notre musique et notre spectacle par la suite.
Il a été intéressant de constater qu’à la sortie de Golden Bombay, notre troisième album, chaque album téléchargé nous amenait directement une vente physique en magasin.
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Vous semblez apprécier les collaborations (Ariane Moffat, Bran van 3000, Fanny Bloom), quelle serait votre collaboration rêvée ?
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Personnellement, Beck, dont je suis un grand fan de depuis très longtemps. Après il est possible que les autres gars du groupe aient des collabos rêvées différentes !
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D’ailleurs beaucoup d’artistes avec qui vous travaillez sont aussi québécquois. Pensez-vous faire partie d’une « scène » musicale québécoise ?
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J’ose l’espérer ! Comme nous sommes un groupe instrumental à la base, on se détache un peu de la scène québécoise qui écrit et chante en québécois mais on côtoie et partage souvent la scène avec ces artistes. Nous apprécions et consommons énormément de musique québécoise.
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Vous avez tourné en France. Quel a été l’accueil du public français ?
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Le public français est très expressif et festif, ce qui nous facilite beaucoup la tâche. On apprécie beaucoup l’intensité des publics français.
Sans parler de l’accueil toujours impeccable des salles et des festivals.
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Vous avez travaillé avec Vincent Moon de La Blogothèque avec qui vous avez enregistré deux chansons pour ses magnifiques « Take Away Show ». Comment est-ce que ce projet s’est fait ? Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
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En fait le projet Blogothèque s’est tourné à Montréal, avec Thomas Lesourd réalisateur de la Blogo qui a habité chez moi pour quelques mois l’an dernier. On garde un super souvenir de cette journée qui fait connaître Ménik, barbier-sportif-montréalais, aux populations françaises.
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Vous utilisez pas mal de samples dans votre musique. Comment les choisissez-vous ?
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Ça vient souvent de vieux vinyles ou de banques d’archives libérées sur internet.  On doit de temps en temps en réenregistrer; nos gérants font du très beau boulot pour libérer les droits des samples mais parfois ça s’avère impossible.
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Après trois albums aux styles différents pensez-vous avoir trouvé votre style avec le dernier ou souhaitez-vous continuer à expérimenter de nouveaux sons ?
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Le but c’est d’avoir une couleur, un son de groupe. Je considère que cette couleur est trouvée, au moins depuis notre deuxième album Friterday Night. Après l’important c’est de faire la musique qui nous allume à la période où on doit la composer.  On approche la création comme une façon de s’exprimer à cinq plus que comme un exercice de style.
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Des coups de cœurs musicaux en ce moment ?
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Si vous voulez des bons textes québécois, de la folk bien sentie de chez nous je recommande les derniers albums d’Avec pas d’casque, Fanny Bloom et Philippe B.
Pour un son plus électro qui nous plaît et nous influence beaucoup je conseille Tobacco et Com Truise.
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Alors, à quand le quatrième album ?
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Nous sortons actuellement (à venir très vite en France) un premier album pour notre projet parallèle, Qualité Motel (intégrer QM.MU). C’est un  projet plus DJ-Set joué sur synthétiseurs, plus du genre buffet électro. Cet album a été réalisé en une vingtaine de jours seulement et laisse place à plusieurs collaborations.
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Une dernière question pour conclure : que pensez-vous du nom de notre magazine (Profondeur de Champs). Qu’est-ce que cela vous évoque ?
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Ça me fait penser aux magazines de photo des années ’80s que mon père gardait au sous-sol. Ça m’évoque de beaux filtres beiges et une odeur d’armoire de cèdre !
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Entretien réalisé par Paul Grunelius.
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Vous pouvez retrouver les trois albums de Misteur Valaire en téléchargement gratuit sur mv.mu
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