Edem Allado : peintre du mouvement, dissections et sublimation de la brosse à dents

Nous nous intéressons aujourd’hui à Edem Allado, jeune peintre dont les œuvres, marquées entre autres par les thèmes du sport et de la médecine, révèlent une originalité remarquable.

Vertige (2011)

Il y a d’abord dans la plupart des œuvres d’Edem Allado, une forme de rareté. Une rareté organisée : celle de la forme. Ce qui est représenté est exposé sans protection, sans ambages, sans pudeur.

Chaque trait semble avoir le caractère fugace d’une impression, d’une sensation, d’un geste ou d’une douleur. Peintre en mouvement et peintre du mouvement, il y a chez lui une économie caractéristique du coup de pinceau qui aboutit à des tableaux où la simple droite, la courbe et le point acquièrent une dimension particulière et révèlent leur importance.

On perçoit même une forme de dénuement : la géométrie des lignes et des courbes se présente à l’œil sans atours, sans séduction, et s’abandonne au spectateur pour dévoiler son rôle essentiel en tant que structure : dans ce que l’on pourrait appeler « l’identité visuelle » du monde.

9 lignes, une contrebasse et une femme

Définissant le fil directeur de son œuvre comme « la perpétuelle exploration des lignes et du mouvement », on décèle très vite une obsession de l’artiste pour la cinétique. Il y a le mouvement du plongeur, surprenant car préparé mais imprévisible :

Mouvement III : le plongeur / « Oublie toute la technique ; contente-toi de sauter »

.

Et il y a le mouvement incohérent du monde et de la vie humaine :

F.G.H. Ou Fetus / Grenade / Human

Henry de Montherlant disait : « un homme sans enfantillages est un monstre ». A notre époque entachée de pâles couleurs, on s’efforce de crayonner nos quotidiens afin de masquer l’hypothermie de nos cad(av)res.

Le cadavre justement, il révèle « l’équilibre et la dimension sensuelle du corps ». Étudiant en médecine, Edem Allado trouve dans les dissections une source d’inspiration et veut imprimer le mouvement partout, et même au corps mort :

Muscle ilio-psoas (ci-dessus)

Un testicule (ci-dessus)

Pourtant, dans une série de peintures introspectives sur l’homme et son environnement, l’isolement de la forme dans le cadre (reléguée dans un coin dans cette peinture) prend place dans un univers intemporel et loin de tout prosaïsme. Le fond jaune, étouffant, relativise pour une fois la notion de mouvement, prégnante dans la conception de l’art d’Edem Allado. Le mouvement, primordial pourrait parfois être une illusion.

Enfin l’art d’Edem poursuit une volonté de réinvention de la forme et de redécouverte de l’objet artistique. La série « Sublimation psychanalytique de la brosse à dents » vise ainsi à déplacer les codes de la sensualité et de la pulsion sexuelle vers une simple brosse à dents :

De haut en bas : Sublimation psychanalytique d’une brosse à dents I et II.

Vous pouvez retrouver une galerie des œuvres d’Edem Allado sur son site:  www.edemallado.com, et son activité sur sa page Facebook.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s