« Qu’importe hier » de Quentin Jagorel

Au son de la voix délicatement cassée de Janis Joplin, un couple danse sur un toit de Buenos Aires, le jeune homme laissant aller sa peine et la jeune femme tentant de le rassurer. Cette scène, tirée du premier film de Quentin Jagorel est à l’image du moyen-métrage que ce réalisateur d’à peine 20 ans a réalisé l’an passé lors de son voyage en Argentine : intense, délicat, nostalgique. Les 38 minutes de « Qu’importe hier » nous donnent à voir un film aux multiples facettes.

Tout d’abord un film sur la jeunesse, sur le devenir adulte, avec l’histoire de ce jeune homme aux liens difficiles avec son père et sa famille, qui trouve en Argentine un refuge pour ses peines et son envie de liberté. Quentin Jagorel fait état d’une clairvoyance sur la tension adolescente fondamentale : vouloir quitter sa famille, partir, fuir et pourtant toujours conserver un lien avec elle.

Ce film est aussi une histoire d’amour, un amour qui sauve, celle que Thomas a avec Francesca. La jeune Francesca a la légèreté qui manque à Thomas et leur voyage à Salta, dans le nord argentin, le libère momentanément de ses démons.

Car enfin, ce film est un hommage et une déclaration d’amour à l’Argentine et à Buenos Aires. Buenos Aires qui offre à Thomas une maison, l’amour, la liberté. Buenos Aires qui est ici sublimée par le voyage de jeunesse de Thomas et Francesca, par les errances de ce jeune homme, par son voyage au bout du monde.

Pour finir, « Qu’importe hier » ne serait pas le même film sans la musique originale composée par Paul Grunelius qui, avec ses vagues d’électro ciselée (qui pourraient faire penser à du Beach House), invite le spectateur à faire le même voyage que les personnages du film.

« Qu’importe hier » est donc un très joli premier film, qui amène à en espérer d’autres : d’autres voyages, d’autres histoires, d’autres pays mais toujours la voix délicatement cassée de Janis Joplin…

Clémence Rebourg

Le film a été présenté en avant-première par le Ciné-club du Bureau des Arts de Sciences Po, le mercredi 10 octobre, à 17 heures. Amphithéâtre Jean Moulin, 13 rue de l’Université, dans le 7ème arrondissement. 

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