Carnavals

Eléments culturels d’Amérique latine (épisode VI)

Lire épisode précédent.

Aux quatre coins du monde, il existe des dizaines de carnavals. Parmi les plus connus, on trouve celui de Venise bien sûr, celui de la Nouvelle Orléans et, bien que ce ne soit pas tout à fait un évènement carnavalesque, le Nouvel An chinois.

Pour ce qui concerne l’Amérique latine, le carnaval le plus célèbre est bien sûr celui qui anime les rues de Rio de Janeiro chaque année (notons que les carnavals ont lieu chez nous entre janvier et mars, c’est-à-dire pendant la période estivale). L’organisation de cette immense manifestation est si vertigineuse que les « escolas de samba » préparent le carnaval tout au long de l’année (le travail réside principalement dans la confection des costumes et la construction des chars fastueux des processions). Le succès du carnaval de Rio est tel qu’avec le temps le besoin urgent de construire le « sambódromo » (espèce d’hippodrome pour défilés) s’est fait sentir; il fallait pallier les problèmes de circulation dans les rues de la ville. Le sambódromo est surplombé de loges fermées, véritables mini-appartements, pour beaucoup propriétés de célébrités brésiliennes qui y invitent leurs amis, les soirs de carnaval, à regarder les défilés, devant un verre ou une bonne assiette. Le carnaval à la carioca (avec ses vêtements légers qui laissent apparaître les corps nus des femmes brésiliennes) a été beaucoup repris, en Argentine par exemple, dans la région de Corrientes notamment, où dans pratiquement tous les villages il existe des « comparsas » (équivalents des « escolas de samba » brésiliennes), équipes qui peuvent diviser les populations comme le ferait un derby au football.

Dans la région du Rio de la Plata (Buenos Aires et Uruguay), la célébration carnavalesque se transforme en « murgas ». Ces manifestations artistiques se caractérisent par l’usage de percussions de fanfare (bombos, platillos) et de beaux accoutrements colorés. D’usage, à Buenos Aires par exemple, chaque « murga » identifie un quartier. C’est ainsi que souvent les supporters des clubs de football de quartiers sont aussi sympathisants de telle ou telle murga.

Dans l’Altiplano bolivien (disons le Pérou, la Bolivie et le nord du Chili), enfin, les festivités sont très pittoresques et largement influencées par la religion chrétienne. On y voit apparaître Lucifer et les sept péchés capitaux (incarnés par des danseuses, logiquement…), suivis d’une troupe de diablotins (avec leur grande langue et leurs cornes en spirale).

Si vous passez en été par l’Amérique latine, ne manquez pas ces évènements. Ils sont tout à la fois une belle source de divertissement et un élément culturel majeur du continent.

Franco Angelotti Soto, étudiant de la Universidad de San Andrés (Buenos Aires)

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Quentin Jagorel

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