Le Jour des Morts au Mexique

Eléments culturels d’Amérique latine (épisode VII)

Le 2 novembre est une journée particulière au Mexique. Point de commémoration de bataille ou de célébration nationale de l’Etat mexicain, point non plus d’anniversaire de l’Indépendance vis-à-vis de la Couronne d’Espagne. Non, ce jour-là, on fête la vie et l’œuvre de ceux qui sont morts.

Fresque murale de Diego Rivera

Fresque murale de Diego Rivera

Bien sûr, à travers le monde, il existe des festivités dédiées aux êtres chers qui ont disparu. Au Japon, par exemple, on érige de petits temples au fond des jardins pour que les esprits des proches décédés y demeurent. La particularité principale du Jour des Morts au Mexique est la multiplicité de ses origines, à la fois précolombiennes et chrétiennes. En fait, la date du 2 novembre n’est pas du tout un hasard. Elle intervient au lendemain de la Toussaint.

Ces festivités reposent sur une conception de la mort positive, ni tragique ni dramatique. On peut d’ailleurs noter de nombreux liens de parentés entre cette tradition et les rites funéraires des afro-américains de la Nouvelle Orléans. Les ornements et les décorations sont époustouflants (et sont peut-être l’un des plus beaux exemples de la puissance de l’art latino-américain) : des crânes et squelettes peints de couleurs vives sont placés dans les cimetières où l’on mange une espèce de gâteau blanc et circulaire qui ressemble à un ossement, appelé « Tarte de la mort », quand on ne fait pas un pique-nique entre les tombes. Il est très fréquent de voir les gens placer des photos sur les stèles. En ce jour, il s’agit d’honorer la mémoire d’un proche, d’un ami ou d’une personne célèbre, dans la joie du folklore (Diego Rivera a réalisé à ce propos une fresque incroyable, en hommage au Jour des morts).

J’ai eu la chance d’assister à un Jour des Morts au Mexique, il y a quelques années. J’en suis revenu changé. Tant d’un point de vue culturel que sociologique, c’est un évènement passionnant pour comprendre l’identité mexicaine.

Franco M. Angelotti, étudiant à la Universidad de San Andrés (Buenos Aires)

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Quentin Jagorel

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