« Le Tournedisque », trois potes qui partagent leurs découvertes musicales au jour le jour

Le Tournedisque, c’est un projet de sélection musicale qui fait son chemin sur le net depuis quelque temps maintenant. A tel point qu’on les retrouve de plus en plus à l’affiche de chouettes soirées, en première partie de gros noms de la scène électro française. Loin de nous l’envie de limiter leur savoir et leur savoir-faire à la musique électronique, rien qu’un détour sur leur tout nouveau site permet de comprendre mieux la richesse de leurs sélections régulières. Ils font partie aujourd’hui des rares DJ-bibles musicales. Quelques questions aux gars de ce projet coup de coeur.

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Première chose, le Tournedisque, c’est quoi, c’est qui ? S’il y avait une métaphore ou plusieurs pour vous représenter, vous penseriez à quoi ?

Le Tournedisque, c’est l’histoire de trois potes qui décident de partager leurs découvertes musicales au jour le jour. Un concept simple : se faire plaisir et partager des morceaux, sans critiques endiablées, sans blabla ni fioritures. Un truc totalement dans la lignée de Frank Zappa :  “Writing about music is like dancing about architecture. » En bref : que du son. On poste quotidiennement des morceaux sur le site et les applis mobiles, on réalise des mixtapes tous les mois et on organise des soirées avec des copains un peu partout en France. Pas vraiment de ligne directrice, juste des titres découverts récemment qu’on a toujours plaisir à écouter, une grande ratatouille de pop, deep, funk, minimal et hip-hop.

Justement en parlant de blog, entre Soundcloud, le blog, les publications sur réseaux sociaux, l’appli iPhone, vous avez clairement compris comment vous faire voir : ça change quelque chose, en termes de construction de notoriété, cette économie du gratuit sur le net ? Vous jouiez déjà autant avant cette explosion ? 

C’est vrai qu’on est bien présents sur les réseaux sociaux, et on essaie d’être le plus proche possible des gens qui nous suivent. Sans eux on n’est rien. Pas de stratégie de communication, il ne faut pas déconner. On fait ça un peu comme on le sent, en se disant que la moindre des choses, c’est de répondre à tous ceux qui nous suivent. Comme pour tout le monde, les réseaux sociaux ont transformé le jeu, et c’est quasiment impossible d’y échapper. C’est évidemment grâce à ça que les gens ont entendu parler de nous, nous ouvrant des portes au fur et à mesure.

D’ailleurs, vous faites beaucoup de live : c’est quoi la soirée parfaite pour vous, enfin l’endroit, le moment, l’époque où il faut mixer ? Un endroit qui vous fait rêver particulièrement ? D’ailleurs dans une soirée Tournedisque, quelle est l’ambiance que vous aimez mettre ?

On fait beaucoup de live, c’est assez relatif… On fait quelques soirées mais on organise nous-mêmes que quatre ou cinq soirées dans l’année. Après, le concept du Tournedisque est assez « simpliste » : faire découvrir du son. Le partager sur internet c’est sympa, mais transpirer, faire la queue au vestiaire, s’embrouiller avec un mec qui a maté ta meuf, c’est quand même vachement plus drôle ! Bon, sans rire, la soirée parfaite, c’est : un apéro bien dosé, un lieu décalé, du bon son, tous tes potes, et un retour accompagné quand le soleil se lève.

Vous pensez déjà à un album, à des créations en particulier ? Quel est le futur du Tournedisque ? D’ailleurs, le Tournedisque c’est du temps plein ou il y a autre chose à côté ?

Oui, pas mal de temps est consacré au Tournedisque tous les jours. On fait ça à côté de nos boulots, même si ça prend de plus en plus de place. On a sorti notre nouveau site la semaine dernière. L’aboutissement de pas mal de nuits blanches, après les applis iPhone et Android. Un paquet de projets en perspective, dans des domaines où on ne nous attend pas forcément. Pour ce qui est de la création, on ne se lancera pas là-dedans pour plusieurs raisons : si on veut rester objectif dans notre sélection, on ne peut pas produire ou créer nous-mêmes. Et puis surtout, on ne va pas s’inventer musicien du jour au lendemain. On essaie de sélectionner correctement et de faire des blagues de temps en temps. Chacun son boulot. On a déjà vu un candidat de télé-réalité sortir un disque ? Ah oui merde…

Aujourd’hui, la définition de DJ n’est plus vraiment la même qu’il y a quelques années : il a parfois l’air moins geek, plus micro et tee shirt mouillés, plus grosses basses et peu de finesse. Pour vous c’est quoi un DJ ? Personnellement, j’ai l’impression que vous faites partie de ceux qui sont encore des DJ-bibles, c’est votre mission ?

C’est vrai qu’on mouille souvent le maillot…

Cela rejoint ce qu’on disait avant : notre boulot, c’est de faire une bonne sélection, sans se prendre la tête. On essaye de le faire bien à tous points de vue. Aujourd’hui, « DJ » ça ne veut plus dire grand chose : soit tu passes des disques, soit tu crées des sons, soit tu rajoutes un coup de saxo sur une ligne de basse… Les outils de création se sont démocratisés, et dans un sens, c’est tant mieux. Ça implique juste une plus grande sélection. Et c’est là qu’on intervient !

L’électro est devenu un spectre ultra large aujourd’hui, pour vous il est où l’avenir, le futur de la musique électronique ?

L’électro est un spectre tellement large qu’il faut rajouter quatre ou cinq mots pour définir le sous sous sous sous genre. Pour la suite, c’est toujours pareil : tu auras des types qui suivront et qui marcheront, et d’autres qui inventeront et qui vont exploser. On espère voir plein d’explosions. On parle beaucoup d’electro, n’oublions pas le hip hop, le jazz… En revanche, la trap musique et les comédies musicales, ça, on peut oublier.

Dans vos Ipods : le guilty pleasure ? Un morceau de rap? Les dernières perles dont vous aimeriez parler ? Plus généralement, vos inspirations ?

On est trois dans le Tournedisque donc on n’a pas les mêmes plaisirs. Des trouvailles un peu récentes : Chill Bump ou Mr. Troy, un bon classique : DAS EFX, du mélodique : Cunninlynguists… On écoute de tout, que ce soit la deep de Claptone, l’électro de Siriusmo, Miguel Campbell, Rone, la nu disco de notre pote Shook, la pop de Husbands, le délire planant de Paradis ou Noze…

Un avis sur les boîtes de Province ? C’est assez parisien le Tournedisque ?

Okay, alors pour bien recadrer les choses : nous sommes Lyonnais, chauvins, et pas racistes. Alors, non, le Tournedisque n’est sûrement pas que pour les Parisiens. On habite Paris aujourd’hui, et cette ville est hors-normes, mais il y a du bon et du mauvais partout. Concernant les boîtes de Province, pas d’a priori. Il y a évidemment le gros cliché de Jean Kévin qui va se péter les oreilles avec de la makina des années 90 en bord de nationale, mais après tout, chacun son truc. Nous ne sommes qu’amour, respect et caresses.

Entretien réalisé par Maxime Briantais

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