Hidden Film Festival : « Eliminer tout a priori dans le rapport au film »

Quatre pays, une programmation cachée et une attitude résolument indépendante : c’est le pari fou du Hidden Film Festival qui, de Londres à Paris en passant par Dublin et Toronto, illuminera le mois de juillet de sa cinéphilique présence. Rencontre avec Maud Deschambres et Alice Dautcourt, organisatrices de la déclinaison parisienne du festival.

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Bonjour à toutes les deux, pouvez-vous commencer en présentant le Hidden Film Festival à nos lecteurs ?

Le Hidden Film Festival est un festival itinérant de films indépendants, qui a été créé à Londres et qui repose sur le principe d’une programmation cachée. Il se déroule à Dublin, Londres, Paris et Toronto en juillet et projette des courts et longs métrages dont les spectateurs ne connaissent ni le synopsis, ni  le réalisateur  avant  de  s’installer sur le siège rouge du cinéma. A Paris, le festival se tiendra le 20 juillet au Cinéma La Bastille.

Qu’est-ce qui vous a plu dans cette idée de programmation cachée ? Est-ce une façon radicale de se différencier des autres festivals de courts métrages ?

La programmation cachée permet de vivre pleinement le film. Aujourd’hui, on trouve des tas d’informations sur les films avant même de les avoir vus. A notre sens, cela peut totalement gâcher le plaisir d’une séance de cinéma. Nous sommes le premier festival qui élimine toute chance d’a priori finalement.

Ce concept rappelle d’ailleurs celui des Secret Cinemas londoniens…

Les événements du Secret Cinemas relèvent de la performance et peuvent être rattachés au spectacle vivant. L’idée était de reprendre ces caractéristiques performatives, en les adaptant à nos propres désirs de cinéma : montrer des films trop peu distribués et, ainsi, encourager le cinéma indépendant.

Pouvez-vous déjà nous donner un avant-goût de ce que sera cette édition ? Quelques indices, peut-être ?

Il ne faut pas le dire mais pour cette première édition vous pourrez voir sept courts métrages de  fiction. Tous différents, avec des réalisateurs de tous horizons, il y en aura pour tous les goûts.

Cette première édition sera une réussite si … ?

Qu’il y ait 1 ou 100 personnes, le principal c’est que le public et les équipes des films passent un bon moment !

Cette année, le HFF se tiendra dans quatre villes : Paris, donc, mais aussi Dublin, Londres et Toronto. Un programme ambitieux pour une première…

Oui, mais le projet est soutenu par la Film Festival Guild, une organisation qui met en place depuis très longtemps des festivals en Grande Bretagne. L’équipe du Hidden Film Festival de chaque ville est ultra motivée et la programmation a été faite avec beaucoup de finesse. Donc même si cette première édition est un challenge pour chacun, c’est avec beaucoup de plaisir qu’on le relève !

Revenons-en à vous : quel est votre parcours, votre rapport au cinéma ?

On s’est rencontrées pendant nos études, dans le BTS  audiovisuel de Boulogne où l’on suivait toutes les deux des options différentes. Curieusement, ça nous a amené vers le même parcours par la suite étant donné qu’on est toutes les deux en Master de Cinéma à Paris 3. On adore la pratique, être tout le temps en mouvement, sur les plateaux, dans les salles de montage, mais il nous  paraissait impossible de quitter l’apprentissage du cinéma dans ses aspects théoriques, son histoire, sa construction,  ses  constructeurs. Maintenant on évolue toutes les deux un peu plus concrètement dans le cinéma. Alice dans la mise en scène, Maud à travers son implication dans les festivals et la production.

Vous habitez à Paris. Comment vit-on le cinéma à Paris ? Ressentez-vous Paris comme une ville cinéphile ? Par rapport à Londres par exemple ?

Maud : Etre à Paris quand on aime le cinéma, c’est magique. Et  être à Paris quand on ne connaît rien au cinéma aussi. Il y a mille et une salles qui proposent mille et un films d’horizons  différents. Et  puis s’ajoute à cela tous les événements liés au cinéma : Paris Cinéma, Silence on court pour les jeunes réalisateurs, des tas de projections en plein air, dans les bars, dans les théâtres. Mais il ne faut pas penser que Paris est la seule ville française à proposer des choses de la sorte ! A leur échelle, des tas de villes comme Rennes, Montpellier, La Rochelle ou Angers proposent aux habitants de vraies possibilités pour découvrir et aimer le cinéma, et ça c’est chouette ! Londres, je ne connais pas par contre…

Alice : Paris regorge de cinéma. Du multiplex au cinéma indé, chacun y trouve son compte au final. J’ai l’impression que les français sont très cinéphiles et prennent du temps pour aller au cinéma. A Londres, c’est un peu moins frappant. Il faut savoir que le prix d’accès à une séance y est nettement plus onéreux qu’une séance à Paris.

Vous qui vous intéressez tant au cinéma, vous n’avez jamais rêvé de passer durablement devant ou derrière la caméra ?

Maud : Ce sont des choses que l’on peut faire pour dépanner, mais ce n’est pas la chose qui nous rattache fondamentalement au cinéma. Jouer et réaliser, ce n’est pas donné à tous, et je laisse Ryan Gosling et Nicolas Winding Refn le faire pour moi (rires) !

Alice : Je ne ressens pas le besoin de m’exprimer et de partager mes idées à travers le cinéma. Je ne pense pas non plus en être capable. Mes perspectives d’avenir s’écartent un peu de ces métiers, même si je n’en reste pas moins ambitieuse.

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Terminons en rappelant que le festival se tiendra le 20 juillet à Paris et dans 4 villes dans le monde durant le mois de juillet. L’occasion pour moi de vous demander 4 bonnes raisons de venir au Hidden France ?

Maud : Outre le fait que le cinéma (ndlr : Cinéma La Bastille) a les meilleurs sièges du monde, si vous aimez  les surprises, ce festival est fait pour vous. Et si vous ne les aimez pas, peut-être que le Hidden vous les fera aimer !

Alice : Je n’en ai qu’une : venez vivre le cinéma !

Attachons-nous quelques instants au chiffre « 4 » si vous le voulez bien : vos 4 films préférés ?

Maud : Je ne sais jamais quoi répondre à ça mais peut-être Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda, Phantom of the Paradise de Brian de Palma, le Joli Mai de Chris Marker et, une petite folie pour terminer, The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman.

Alice : Les Idiots de Lars Von Trier, Sex, Lies and Videotape de Steven Soderbergh, Time de Kim Ki-duk, Blue Velvet de David Lynch.

Et les 4 pires films de l’histoire ?

Maud : Même les pires films de l’histoire me font du bien et me font marrer, alors j’imagine qu’ils ne sont pas si terribles !

Alice : Daredevil de Mark Steven Johnson, Phénomènes de M. Night Shyamalan, Very Bad Trip 3 de Todd Phillips, Case départ de Thomas Ngijol (rires) !

Le Hidden Film Festival se tiendra à Paris le 20 juillet à 19h au Cinéma La Bastille.

Programmation secrète, bien sûr.

Paul Grunelius

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